Morsmordre

[Octobre 1970] - Parler d'avenir - [ft. Lucian Marshall]

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Préfète de Poufsouffle
Ven 23 Mar - 18:52
Dernier cours de la journée, dernier jour de la semaine. Penchée sur un petit carnet dont la couverture de cuir était élimée aux coins, la demoiselle était dissimulée derrière ses longs mèches châtains. Elles semblaient protéger son visage de part et d'autre, la coupant du reste du monde pour qu'elle puisse se concentrer sur ses affaires sans que personne ne vienne la déranger. Loin de tous. Presque d'elle-même. Presque abandonnée, au bout de cette longue table sur laquelle tous les étudiants Poufsouffle et Serdaigle de dernière année terminaient de ranger leurs affaires. Le cours était terminé mais Galaëlle était habituée à rester plus longtemps dans les serres ou près de la forêt. Les cours de botanique et de soins aux créatures magiques étaient les seuls dans lesquels elle s'investissait de toute son âme. L'étude des moldus lui plaisait également mais elle était honnêtement plus intéressée par les animaux que par les Hommes, qu'elle trouvait égoïstes et mauvais.

- Gal !

La demoiselle sursauta violemment et se redressa, renversant d'un coup le pot de plante carnivore près d'elle. Elle réussit à le rattraper au dernier moment cependant et poussa un petit soupir de soulagement avant de se tourner vers l'étudiant de Serdaigle qui venait de hausser la voix. Elle plongea ses yeux dans les siens, cligna des paupières puis sourit, légèrement mal à l'aise. Elle n'avait de nouveau pas entendu qu'il lui adressait la parole.

- Désolée Justin, tu disais ? Questionna-t-elle en se raclant la gorge.
- Tu fais quoi ce week-end ? Insista le jeune homme.
- Rien. Enfin si je vais aller à Près-au-Lard pour prendre quelques...
- ...livres sur les créatures magiques. Tu les as tous lu !
- Que veux-tu, je les adore !

Tous deux rirent légèrement. Justin était un des rares amis proches de la jeune femme passionnée de nature. Malgré leurs maisons différentes, ils s'étaient toujours très bien entendus et passaient souvent leurs week-ends ensembles. Du moins avant le début de cette dernière année.

Depuis septembre et la rentrée, Galaëlle semblait s'être refermée sur elle-même. Elle ne parlait plus à grand monde hormis dans le cadre de son rôle de préfète-en-chef et d'accompagnatrice des nouveaux étudiants. Elle restait souvent dans son coin, à lire et à écrire. Beaucoup d'étudiants de sa maison s'étaient inquiétés de ce changement mais ils n'avaient pas insisté. Ils connaissait Galaëlle : inutile de lui rentrer dans le lard. Secrète et discrète, elle ne parlait à personne de ses ennuis lorsqu'elle en avait.

Elle salua Justin et quelques camarades qui s'éloignaient déjà dans la pénombre du parc pour rejoindre le château qui déchirait le ciel de ses tours dentelées. De son côté, Galaëlle terminait de prendre des notes. Elle connaissait les serres par cœur, elle n'était pas inquiète d'y rester seule. Sauf qu'elle n'était pas seule et que, éloignée comme elle l'était des autres, elle n'avait même pas remarqué que son enseignant et directeur de maison n'était pas parti. Elle était concentrée sur sa prise de note et tout autour d'elle était flou, presque inexistant.

Elle se perdit dans ses pensées, d'un coup la plume levée au-dessus du calepin. Une goutte d'encre tomba sur le parchemin fin sans qu'elle ne réagisse. Son joli regard miel fixait intensément cette page sans la voir. Elle se sentait tellement perdue... Elle avait besoin de son frère, de ses parents et des chevaux. Les licornes ne venaient plus la voir dans ses rêves. Tout se chamboulait en elle depuis la rentrée. Elle ne savait même plus si sa place était encore à Poudlard ou non.
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Professeur de Poudlard
Sam 24 Mar - 21:44



Le bruit des pas, de feuilles et de plumes s'élevait de part et d'autre de la pièce. Certains prenaient rapidement les dernières instructions que je donnais, gribouillant les informations du prochain devoir avant de ranger leurs affaires dans un brouhaha agréables. Certains se précipitaient vers la sorti, d'autres traînaient un peu des pieds, fatigué de la semaine ou pressé de la finir. Pour ma part c'était toujours un soulagement de fermer la porte des serres et de me retrouver un peu seul avec moi même. Quoi que depuis cette rentrée ci, ma porte restait ouverte à chaque instant.
De professeur à directeur. Il fallait se montrer disponible.
Une responsabilité avant un honneur. Mais j'appréciais ce rôle qu'on m'avait proposé. Au moins il me distrayait du reste, et gérer les problèmes de ces enfants avait l'avantage de me faire oublier le reste. Oublier ce qu'il en dehors de ce château. Les ombres que pouvaient porter ce monde. Au moins, ici, entre les murs de cette école, il n'y avait pas de place pour ça.
Des élèves, des cours.
Une routine rassurante.
Chaque jour le même.
La porte de la serre se fermait sur le silence.
Disparu dans l’arrière pièce, là ou je stockais tout ce qui ne servaient pas pour les cours mais qui m'étaient indispensable pour entretenir la serre et ses plantes. Tout y était parfaitement disposé selon mon ordre et mon goût. Je crois que c'était la chose la plus satisfaisante de la semaine. Ranger la serre de fond en comble. La laisser impeccable pour cette nouvelle semaine qui se préparait. C'était comme ça chaque vendredi soir. Une habitude. Un rituel.
Mais ce soir quelque chose d'inhabituel traînait dans l'allée verte, et ça n'avait rien à voir avec un pot délaissé ou de la terre renversé sur le sol. Non. C'était bien une élève. Une poufsouffle qui plus est. Notre préfète en chef. Miss Delawear.
Seule face à ses songes.
Abandonnée par ses certitudes.
Pourtant c'était une élève motivée, appliquée et intéressé. Elle était peut être un peu discrète par moment, mais toujours vivement apprécié de ses camarades. Elle aurait d’ailleurs dû être avec ces derniers en train de rejoindre le château et se préparer au dîner. Je l'observais de mon coin de la pièce, visiblement ma présence lui était passé au-dessus la tête. Elle semblait pensive. Presque trop pour être totalement rassurant. Immobile, une plume à la main, je reconnaissais ce regard vide. Celui des gens qui se noient dans leurs sentiments leur questionnement et leurs troubles. À bien y réfléchir elle m'avait semblé quelques fois moins souriante, peut être plus tourmenté.
Les déboires de son jeune âge.
Peut être qu'il valait mieux la laisser.
La solitude était une bonne compagne par moment, pourtant, mon instinct et mon devoir me chuchotaient d'au moins oser approcher, quitte à la vexer ou la gêner. Simplement s'assurer qu'elle voulait de cet isolement. Effleurer sa bulle sans la faire exploser.
Un pas après l'autre.
Réajustant les chaises.
Replaçant les pots.
À sa hauteur, je pris le temps de lui signifier ma présence d'un raclement de gorge avant de me pencher à sa hauteur pour contempler le même vide que le sien. Prenant quelques secondes pour la laisser émerger en tournant le regard vers le sien. Un léger sourire aux lèvres.

« Vous admirez simplement cette plante ou quelque chose vous trouble ? »


   


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Préfète de Poufsouffle
Dim 25 Mar - 20:01
Pourquoi se sentait-elle si vide d'un coup... Pourquoi ne voulait-elle pas sortir de cette serre, rejoindre ses compagnons Poufsouffle et se préparer pour le dîner... Pourquoi espérait-elle quelque chose de plus... Que quelque chose vienne bousculer sa vie. Sa satanée routine. Un signe, n'importe quoi, le retour de la magie dans sa vie comme elle avait été présente au cours de ces six dernières années. Elle ne comprenait pas pourquoi elle se sentait aussi mal. Aussi seule et aussi vide. Ce n'était pas simplement la faute des licornes qui avaient déserté ses songes - même si la dernière fois que c'était arrivé, le chat de Justin était mort deux jours plus tard, il y avait de cela deux ans. Enfin elle n'allait pas commencer à voir des mauvais présages partout sinon elle n'était pas sortie du sable...

Toute perdue qu'elle était dans ses pensées, elle sursauta un peu violemment en entendant un raclement de gorge non loin. Son regard refit surface et elle se tourna vers son enseignant, un jeune homme au regard franc qu'elle fixa elle aussi sans détour. Elle mit quelques secondes à comprendre qu'il venait de lui parler et à saisir le sens de sa phrase. Elle se racla également la gorge, un peu gênée de s'être faite prendre en flagrant délit de torpeur. Son cahier fut refermé d'un mouvement sec. Puis elle retrouva son petit sourire naturellement avenant, qu'elle offrait à tous ceux qui croisaient son chemin.

- J'admets que ce pied de mandragore est très beau mais malheureusement je n'étais pas en adoration devant lui, Professeur Marshall, répondit la jeune femme d'un ton assuré et légèrement amusé.

Elle avait toujours eu de bonnes relations avec tous ses enseignants, et Lucian Marshall en particulier. Directeur de maison, il l'avait souvent vu dans son bureau à cause de son rôle de préfète puis de préfète-en-chef. Elle se sentait plutôt à l'aise avec lui, il avait toujours été gentil et patient. Tous les deux avaient des caractères pour s'entendre. Elle ne s'était cependant pas attendue à ce qu'il vienne la tirer de ses pensées aujourd'hui. Réflexion stupide, elle se trouvait dans une serre après un cours de botanique. Elle ne savait pas trop quoi lui dire, mais c'était peut-être une bonne idée de se confier un peu à lui. Il était là pour cela, c'était son travail de guider les étudiants qui se sentaient perdus.

Rangeant ses dernières affaires, elle s'assit par la suite sur le haut tabouret couvert de terre sans s'occuper de la propreté de ses habits. De toute manière, une bonne douche serait nécessaire avant tout repas ce soir. Puis elle croisa les mains sur ses cuisses et regarda de nouveau l'enseignant directeur face à elle. Son joli sourire avait disparu. Son visage marquait clairement son trouble.

- Je me pose beaucoup de questions sur moi depuis la rentrée, commença-t-elle prudemment, en pesant chaque mot. Disons qu'entre la fin des études, le Mage Noir et mes pseudos soucis d'étudiante, je perds un peu la tête.

Elle n'osa pas lui parler des licornes. Il l'aurait sans doute prise pour une allumée des antennes.
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Professeur de Poudlard
Mar 27 Mar - 1:09



Elle relève les yeux, croisant les miens une seconde. Se rendant compte de ma présence et de mes mots. Quelque chose la trouble c'est une évidence. Peut être qu'elle va simplement s'excuser. S'en aller. Fuir les doutes et les troubles parce qu'il est toujours plus simple d'agir de cette façon. Et puis je ne suis qu'un professeur, par moment, le raisonnement de ces gamins m'échappent complètement, peut être parce que je n'en est jamais vraiment été un moi même. Leurs innocences et leurs insouciances. Tout ça m'est toujours étranger, même maintenant, même ici dans ce château. J'essayais encore de comprendre.
D'être comme eux.
Moins comme lui.
Son sourire glisse de ses lèvres aussi vite qu'il y est apparu. Elle ferme son calepin, détachant son regard de la plante inintéressante pour venir se prendre une fois de plus dans la vague. Cherchant peut être des mots ou une excuse pour se dérober à mon attention. Interrompue dans sa solitude, à la recherche d'une autre. Pourtant elle reste là, pesant peut être le pour et le contre de quelques confidences à faire. Je ne la quitte pas du regard, sortant mes gants pour venir entretenir les pots de mandragores exposés plus loin. Elle se décide tout de même à prendre place, abandonnant le dîner pour le moment pour accaparer mon temps.
J’apprécie assez cette jeune fille pour ne pas trouver à me plaindre. J'ai aussi besoin de ça. Quelques moments à être une oreille attentive et un conseil avisé.
Alors j'écoute.
Tasser la terre et tendre l'oreille.
Acquiescer lentement à ses troubles.
L'avenir.
Les mages noirs.
Ma main se serre dans les gants à en faire couiner le cuir et mon corps se fige. Une seconde. Une seule seconde ou le temps s’arrête et ou le monde bascule. Pourquoi maintenant ? Ici ? Ses mots sont à son image. Innocents. Insouciants. Elle s'inquiète simplement du monde, de ce qu'on écrit dans la gazette. Pourtant, ces mots me touchent, ils m'écorchent et me lacèrent. Jen suffoque presque.
Compter trois à trois.
Sourire encore une fois.
Mon corps se redresse lentement pour venir contourner sa position, lui faire dos une seconde, s'occuper des pots un à un avant de briser de nouveau le silence d'une voix posé. Calme. Presque trop sereine pour le chaos qui règne dans mon esprit.

« C'est normal d'avoir des doutes.. Vous allez quitter Poudlard à la fin de l'année.. Après sept années passé ici.. c'est un bouleversement. Je suis moi même passé par là.. Complètement perdu sans savoir ce qui se passerait une fois sorti d'ici... »

Perdre ses repères.
Retrouver un père.
Elle a sûrement la chance d'avoir une famille plus ordinaire. J'essaye de chercher dans mes souvenirs ce que je sais de cette brunette, me rappelant l'origine de son sang. Modeste. Honteux pour certain. Un détail pour moi. C'est souvent le problème avec les né moldu. Être sorcier dans cette école était une normalité, l'être dans sa famille, dans le monde derrière ce château.. c'est quelque chose de différent. D'effrayant et d'intimidant. Elle va y être plongée, sans repères auxquels s'accrocher.

« Vous avez déjà des projets ? Ou c'est peut être ce qui vous inquiète ? »


Éviter les sujets était une spécialité.
Une pratique maîtrise depuis tant d'année que je l'élève au rang d'art sans même un trouble dans mon regard. Parler d'elle, de son avenir. Oublier le reste, les ombres qui planent en dehors de cette école.
Oublier, comme si rien de tout ça n'existait.
Juste elle et moi perdu au milieu de ses doutes.

   


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Préfète de Poufsouffle
Jeu 29 Mar - 10:04
C'était terriblement bizarre pour elle de se livrer à ce point à quelqu'un d'autre qu'un membre de sa famille. Elle aimait beaucoup ses parents et son frère, cependant il y avait des choses qu'ils ne pourraient jamais comprendre. Le monde des sorciers, avec ses problématiques et ses conflits, était bien différent de celui des moldus. Elle ne pouvait pas se tourner vers eux et se livrer à eux. C'était trop dangereux et trop inconnu pour eux. Elle ne pouvait parler qu'à un sorcier et son directeur de maison était tout indiqué pour recevoir ses doutes. C'était un homme à l'esprit ouvert, pas le genre à penser que seuls les sangs-purs étaient en mesure de diriger le monde.

Elle fut soulagée de voir que ses doutes avaient quelques échos chez son professeur. En effet, lui aussi était passé par le même stade qu'elle. Elle ne connaissait pas sa famille, elle ne savait même pas s'il était sang-pur, sang-mêlé ou né moldu mais elle s'en fichait. Elle était heureuse de constater qu'elle trouvait chez lui une oreille attentive. Elle soupira doucement et secoua la tête histoire de se remettre un peu les idées en place. Elle se racla la gorge avant de regarder l'enseignant qui se concentrait sur le rangement de la serre. Elle ne s'était pas posée la question, mais elle devait sans doute le déranger...

- Des projets... Oui j'ai des projets, j'aimerais ouvrir une clinique vétérinaire pour sorcier, peut-être une annexe de Sainte Mangouste. Ou alors partir à la découverte de nouvelles espèces. Ou me dédier à leur protection. Enfin quelque chose en rapport avec la nature et les créatures magiques, mais cela ne doit pas vous surprendre.

Ce n'était pas une nouveauté que Galaëlle portait un amour immodéré à la Nature, aussi fort que celui qu'elle avait pour sa famille. Elle la respectait et la protégeait. Lucian Marshall était en première ligne d'ailleurs : elle s'était une fois retrouvée dans son bureau pour agression envers un camarade suite à des violence contre une créature, lors de leur cours de soins aux créatures magiques. Une histoire assez grave, le camarade s'étant retrouvé avec un bras cassé et trois côtes fêlées. Son seul écart durant ses sept années à Poudlard mais qui lui avait valu de beaux ennuis. Depuis, plus personne ne venait l'ennuyer sur ce terrain-là. Surtout ceux qui avaient bien vu que ces blessures venaient uniquement de coups physiques. Elle n'avait pas tiré sa baguette une seconde pendant cet affrontement.

Donc c'était tout naturel qu'elle veuille travailler dans ce domaine. Mais elle n'avait pas fini de parler. Une fois ses paroles achevées, elle avait poussé un lourd soupir avant de regarder ses mains serrées sur ses cuisses. L'absence des licornes l'effrayait beaucoup. Elle voyait en cela un très mauvais présage.

- Vous savez que je suis une née moldu, continua-t-elle. J'aimerais défendre la nature face à Vous-savez-qui, mais j'ai très peur de trop m'imposer dans ce conflit et que ma famille en pâtisse. Je ne veux pas les mettre en danger, mais je ne peux pas non plus le laisser faire ce qu'il veut du monde magique et des créatures. Personne ne sera là pour les défendre, il faut que je prenne cette responsabilité.

D'un coup, elle venait de prendre dix ans. Son visage était creusé par le manque de luminosité de la serre et son regard était plus profond et sérieux. Elle voulait s'engager, elle voulait faire des choses, défendre des choses, mais elle était freinait par la sécurité de sa famille qui la préoccupait plus que tout. Ses envies se combattaient à ses peurs et elle n'y voyait plus très clair. Elle avait besoin d'une lanterne pour la guider. Lucian serait peut-être en mesure de lui fournir cette lumière qui lui manquait tant depuis le début de son année scolaire.
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Professeur de Poudlard
Jeu 26 Avr - 14:19



Empoter. Rempoter.
Écouter les tourment d'une adolescente et secouer un peu la tête.
Quelque part c'était simple d'être professeur quand on savait se taire et tendre une oreille. J'en venais souvent à sourire à leurs tourments quasi insignifiant. Comme maintenant. La crainte de s'égarer et de se perdre. A les entendre le monde allait s'écrouler à chaque instant. J'en souris malgré moi, jaloux de la simplicité de leurs calvaire. Au moins ils étaient sincères, et les craintes étaient fondées.
Mon regard glissa une seconde sur la préfète en face de moi, je gardais ce calme et ce silence, la laissant s'exprimer comme elle préférait le faire. Pas l'ombre d'un jugement ou d'une remarque. D’expérience les gens se sentaient mieux après avoir déballer ce qu'ils avaient sur le cœur, et elle semblait visiblement en avoir beaucoup.
Savoir quoi faire mais ne pas savoir comment.
Évidemment, sa vocation première était étroitement lié aux créatures magiques. Elle était excellente dans ce domaine. Plus qu'une vocation c'était une véritable passion et je ne pouvais qu’approuver ses dires ou encourager ses projets.
Un soutiens.
Un réconfort.
Quelqu'un qui avait les mots pour chasser les ombres qui planaient au dessus de nous. Oublier qu'on fait parti de ces ombres et sourire encore un peu plus.  Elle semblait nerveuse, un sentiment que je partageai malgré l'assurance de mes sourire et la bienveillance de mon regard. Il y avait quelque chose de plus qu'un simple problème d'orientation et une actualité inquiétante. Les forces du mal. Le mal qui rongeait le pays depuis des mois, ça semblait l'affecter plus qu'il n'y paraissait. Parce qu'elle était combative, qu'elle était déterminé et qu'elle était né parmi les moldus.
La cible de toute la haine qui secouait le monde.
Qu'est ce que j'étais supposé répondre à ça ?
Un silence ce glissa quelques secondes alors que mon regard lorgnait avec insistance sur le plante que ma baguette arrosait distraitement. L'ironie voulait que ce soit moi qui la réconforte et qui la rassure. Quelque part, j'avais certainement besoin de le faire. Prouver que j'étais de ceux qui se tenaient dans la lumière, oubliant les ombres qu'elle cachait.
Sourire encore.
Affronter son regard.

« C'est vrais que votre condition de né moldu vous donne peut être l'impression d’être plus exposé.. ciblé.. par les forces du mal qui sévissent depuis quelques  temps... Mais tant que vous êtes ici vous n'avait rien à craindre.. et une fois sorti... Vous ne serez pas seule face au monde.. c'est très louable de votre part d'avoir envie de vous battre et je suis certain que vous n'êtes pas la seule. C'est une certitude même ! »


Je pris le temps de ranger les pots que je venais de replanter. Les alignant parfaitement les uns à coté des autres une étagère du fond de la classe. Ces quelques instants de répits me laissaient l'occasion de réfléchir un peu plus à la question.. et d'éviter d'aborder le sujet « force du mal » autant que possible...
Tout sauf ça..

« Je peu d'ailleurs vous conseiller quelques noms.. MacKenzie pour commencer. Le jardinier. Sa famille est trés investi dans le domaine, sa grand mère possédait un refuge.. possède toujours j'imagine.. Il faudra lui demander. Je crois même qu'elle a milité pour le droit des centaures et des loup garou à l'époque. Je suis certain qu'il pourra vous aider à trouver un repère une fois sorti d'ici.. Il y'a aussi ces élèves de Gryffondor.. Les Jenkins. Leurs père est naturaliste.. Si vous voulez je peux me renseigner.. »

J'y avait mis plus d'enthousiasme que je ne l'aurais pensé. Presque plus motivé qu'elle, je crois que j'étais simplement satisfait d'avoir trouvé une solution à son problème.. du moins, une parti du problème.. car je ne pouvais pas effacer ses peurs d'un simple coup de baguette même si ça aurait certainement été plus simple comme ça.
S’inquiéter pour ses proches était quelque chose d'assez abstrait pour moi et j'avais peur d'être maladroit.. aussi, je décidais de simplement la laisser assimilez ma proposition avant d'entamer une discussion bien plus délicate..
La famille et les secrets.



   


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Préfète de Poufsouffle
Lun 30 Avr - 12:30
La jeune femme avait hésité à en parler à son professeur, mais elle devait reconnaître qu'elle se sentait maintenant beaucoup mieux. Elle devait partager. Elle devait parler, discuter, se livrer. C'était important. Elle se rendait compte qu'elle avait besoin de soutien, de toute part. De ses enseignants, de ses compagnons de classe, des créatures magiques comme le centaure Grum qui l'aidait et la surveillait lorsqu'elle se promenait dans la Forêt Interdite. S'entourer, c'était le meilleur moyen de ne pas se retrouver seule et se faire tuer dans la guerre qui menaçait actuellement le monde magique. La solitude, durant la guerre, n'était pas une bonne chose. Et c'était très compliqué pour elle en ce moment. Elle qui était d'ordinaire très grégaire, elle avait presque changé de caractère pendant cette dernière année. La peur était le pire des poison...

Elle écouta cependant les paroles de son enseignant, prenant la grande décision de ne plus être seule et de parler de ses problèmes. Lucian Marshall n'était pas du côté du Mage Noir, du moins elle l'espérait. Elle lui faisait confiance, elle pouvait se livrer à lui, lui parler de ses craintes, de ses espoirs et également prendre tous ses conseils comme de vraies bases pour sa prochaine vie hors de Poudlard. Elle le regarda lors de sa première réponse et un léger sourire effleura ses lèvres. Elle n'était pas la seule à vouloir prendre les armes. Elle n'en doutait pas, elle non plus.

- Ne serait-ce que la plupart des élèves de Gryffondor..., murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour son directeur de Maison qui s'était éloigné pour ranger ses pots.

Elle le regarda revenir une fois ses propres affaires rangées. Elle pouvait partir à tout moment, techniquement elle n'avait plus rien à faire dans la serre. Mais elle voulait parler avec Lucian Marshall. Elle voulait entendre ses conseils, s'abreuver de son savoir et se sentir rassurée par ses paroles. Elle était de plus en plus détendue, de moins en moins renfermée. Son cœur se desserrait, ses muscles se détendaient. Elle se sentait presque bien désormais. Au final, Lucian était un bon enseignant, qui savait écouter. C'était ce dont beaucoup d'étudiants avaient besoin. Plus que de réponses, ils désiraient de l'écoute.

- Les McKenzie et les Jenkins vous dites...

Elle fronça les sourcils en posant un index sur son menton. Les Jenkins, en effet un nom qui lui parlait. Elle ne connaissait pas tous les étudiants mais eux si, de réputation du moins. De toute manière les Gryffondors étaient souvent connus par tout le reste de l'école magique.

- J'accepte votre aide, dit-elle en souriant plus franchement, retrouvant sa mine sincère et avenante qu'elle avait toujours eu durant ses six ans à Poudlard. Je ne sais pas si on s'inquiète réellement trop pour sa famille vous savez. Mais si je peux rencontrer des gens qui m'aideront, qui mettront mes proches en sécurité, alors je vous fais confiance.

Elle mit son sac sur son épaule et regarda son enseignant en souriant toujours. Elle se sentait beaucoup mieux grâce à cette petite discussion et elle voyait l'avenir plus clairement désormais. C'était rassurant pour elle.

- Je vous propose de rentrer au château ? Le repas va être servi.
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