Morsmordre

Colère & pipaillon | ft. Petit Lu

avatar
Messages : 21
Capitaine de Poufsouffle
Dim 22 Avr - 12:01

Je soupire en feuilletant mon bouquin, ce cours est interminable, in-ter-mi-nable. Je jette un coup d'oeil désintéressé dans le pot devant moi où une plante à Pipaillon se balance paresseusement malgré l'absence de vent dans la serre. Ses fleurs, de teintes de mauves différentes, semblables à des papillons, d'où son nom, tremblent et frissonnent comme si un courant d'air traversait le lieu alors qu'il y fait en réalité une chaleur étouffante. Je me laisse absorber par ce balais entêtant, ignorant les explications du professeur. Une légère odeur de vieux bois et de livres anciens me fait légèrement tourner la tête et je me redresse vivement, comprenant qu'il s'agit des effluves qui émanent du buisson afin de m'attirer. Je passe une main dans mes cheveux et me secoue, comme pour me débarrasser des souvenirs qu'à ranimé les senteurs émises par la plante et je me replonge dans la lecture de mon livre de botanique, feuilletant pour la énième fois les pages à la recherche de quelque chose qui n'existe certainement pas. A force de le consulter, je commence à le connaître par coeur et malheureusement, ça m'étonnerait qu'une page en réponse à ma question apparaisse miraculeusement au coeur du grimoire. Même si vu le contexte, l'idée n'est pas complètement excentrique.

Je sursaute quand la sonnerie annonçant la fin du cours retentit et referme vivement le grimoire avant de le fourrer dans mon sac. Monsieur Marshall m'a demandé de passer le voir à la fin du cours, probablement un lien avec mes trois dernières absences. Pas besoin d'être magicien pour le deviner alors je me dépêche de me diriger vers la sortie au coeur de la masse d'élèves de ma classe. Si je me présente, tout va se passer exactement comme d'habitude. Il va être gentil et mielleux, me demander si ça va et finir par m'avertir gentiment qu'il n'y aura pas de prochaine fois mais il y a toujours une prochaine fois. Alors à quoi bon ? Ce gars-là est trop gentil et j'en profite, peut-être trop mais je ne supporte pas sa gentillesse. Ça me laisse nostalgique et décontenancé et je ne sais pas comment réagir. Et ça, ça ne me ressemble pas alors je préfère l'éviter autant que possible pour conserver ma zone de confort. Sauf qu'aujourd'hui, cet idiot de Leon a laissé traîner la lanière de son sac et que je me prends les pieds dedans. Le temps de comprendre ce qu'il m'arrive et je suis allongé sur le dos, juste à la sorti de la serre, un air surpris figé sur le visage. Je grogne en me redressant et croise le regard interrogateur de mon professeur et directeur de maison qui me fixe. Grillé.

« Monsieur Marshall... Je devais passer vous voir il me semble ? »

Jouons la carte de l'innocence, sur un malentendu, ça peut passer.
avatar
Messages : 73
Professeur de Poudlard
Jeu 26 Avr - 21:51



Arriver à capté l'attention de plus de la moitié des élèves était un exploit, surtout quand son cour est le dernier avant un week end bien mérité. Heureusement, en septième année, on peut s'attendre à plus d’assiduité de la part des élèves. L'année des ASPIC, s'ils avaient gardé l'option c'était pour une bonne raison, du moins en apparence.
Certains restaient les même.
Un désintérêt que je ne pouvais pas leurs reprocher.
Je composais avec, rappelant parfois à l'ordre quelques rêveur, les secouant un peu de leurs sommeil. Les cas restaient rares. L'un d'eux devenait une obsession.
Une fois de plus c'était Andrew Evans. L'éternel absent. Il y'avait quelque chose chez ce garçon qui avait tendance à travailler mon empathie. Peut être parce qu'il cachait des choses, des secrets bien dissimulé aux yeux de tous, des douleurs silencieuse que beaucoup n'étaient pas prêt à comprendre, ni même à entrevoir. C'est pour cette raison que j'avais toujours été délicat avec lui. Peut être trop gentil.
Parce que je le suis toujours un peu trop.
Ce sera jamais assez à mes yeux.
Le cours se termine sur quelques élèves satisfait. Pressé de sortir de là, notant précipitamment les dernières instructions avant de partir en abandonnant les pousses de pipaillons qui avaient servis au cour.  Ils avaient tous finit par comprendre que j'étais probablement le seul professeur de l'histoire à ne pas m'offusquer d'un manque de rangement en fin de journée.
Ranger leurs désordre était relaxant.
Nécessaire.
Mais cette fois, ça devait attendre.
Juste un peu, le temps d’accomplir mon devoir de Directeur encore une fois. Je crois que je n'aurais jamais imaginé une telle charge de travail en acceptant ce post.. Pourtant, maintenant, c'était bien à moi de régler les affaires d'absentéisme, de conflit ou de tourmente.. J'aimais croire que je m'en sortais bien.
Malgré le devoir, je ne pu m’empêcher de donner un petit coup de baguette pour allonger chaque pot sur une même table et les préparer pour plus tard. Juste un peu d'ordre avant d'affronter Evans et son humeur. Pas toujours facile à apprivoiser.. encore moins quand l'entrevu commençait par un vol plané devant les portes de la serre après avoir tenté de prendre la fuite plus ou moins discrètement.
Sourire.
Observer.

« Rien de cassé ? »

A part peut être un peu d'ego, il semblait intacte.
Mécontent.
Mais bien intacte.
Je crois qu'il n'aimait pas beaucoup nos entrevus. Peut être parce que c'était souvent pour le rappeler à l'ordre, ou parce que les étudiants n'aimaient pas spécialement passer des heures à écouter leurs professeur parler surtout quand ils étaient persuadé de tout savoir. Encore une fois Evans faisait parti de ce lot tout en étant unique en son genre.
Je pris quelques secondes pour l'observer.
L'analyser.
Effacer l'impression de déjà vu que j'avais quand il fuyait le sujet.
Pourtant il fallait bien l'aborder.

« J'imagine que vous savez pourquoi je voulais vous voir... Déjà trois absences... ça commence à faire beaucoup... »

Beaucoup trop pour être le simple fruit d'une flegme d’étudiant.
Quelque chose le préocupait, c'est certain. Quelque chose qui usait ses nerfs, le rongeait à l’intérieur sans qu'il ne puisse avoir le moindre contrôle dessus. Sécher les cours, se battre avec les autres, c'était aussi une façon d'évacuer cette frustration pour lui permettre d'affronter le regard des autres et agir comme si tout allait bien.
Du déja vu.
Déjà vécu.
Sourire encore et garder le contrôle.

« J'aimerais comprendre pourquoi.. est ce que tout vas bien en ce moment ? »



   


_______________________________


There's no room in war for feelings, hurt me to the core, still healing and I know you're no good for me. So I try to forget the memories. You left your mark.
I got these scars, reminding me to forget
 

avatar
Messages : 21
Capitaine de Poufsouffle
Lun 30 Avr - 23:00
Colère & pipaillons
Il m'énerve. Ca fait pas deux minutes et il m'agace déjà. Il a bien vu que j'ai essayé de me sauver, il l'a vu et pourtant il dit rien, il sourit et me demande si ça va. C'est quoi son problème à ce professeur ? Pourquoi il est gentil comme ça ? Il peut pas simplement m'asseoir sur une chaise, me pousser une soufflante et me coller quelques heures ? Ça je peux gérer, je sais gérer mais la gentillesse... Je détourne le regard en grognant un oui avant de me relever seul. J'époussète machinalement ma robe de sorcier en évitant de le regarder dans les yeux, surtout ne pas avoir de contact visuel, règle n°1 pour ne pas affronter M. Marshall et sortir d'ici dans les cinq prochaines minutes, comme à chaque fois. Ce qu'il me pose n'est pas vraiment une question alors je m'abstiens de répondre et je continue à fixer le sol, me balançant sur mes pieds pour tenter de faire passer le temps plus rapidement. En y pensant un peu plus, j'aime bien M. Marshall et je ne suis pas le seul, la plupart des élèves l'apprécient et c'est un bon directeur mais je ne sais pas... Je ne suis pas à l'aise en sa présence, peut-être parce que nous sommes très différents ou peut-être parce que justement nous nous ressemblons beaucoup... En tout cas, je ne suis pas dans mon élément. Sa question me sort de mes réflexions et j'ai le malheur de croiser son regard. Oups. Je déglutis en m'efforçant de trouver les pipaillons soudainement très très intéressants.

« Oui, comme toujours. »

Non, comme toujours. Enfin si, d'habitude ça va. Enfin je veux dire, autant que possible. Je ne suis pas malheureux, je me plais à Poudlard mais j'y pense constamment, il suffit d'une odeur, d'un bruit ou d'une sensation pour me ramener à un souvenir, me replonger dans le passé. Parfois c'est agréable, parfois difficile à supporter mais je le vis bien. Du moins j'estime que je m'en tire bien.

 « Ecoutez, c'est juste que la botanique tombe souvent à huit heures et que je ne suis pas très pointilleux sur le réveil alors vous devriez simplement me coller quelques heures et ne perdons pas plus de temps à discuter sur quelque chose qui n'a aucun sens. »

C'est plus ou moins la vérité. J'ai juste un peu de mal à dormir certaines nuits, c'est tout, comme n'importe qui. Et puis la botanique, c'est facilement rattrapable alors je me permets de sauter les cours parce que je sais que je parviendrai à obtenir la moyenne aux BUSE en étudiant un peu. Je hausse les épaules en feignant l'indifférence avant de ramasser mon sac pour le jeter sur mon épaule.

« Si c'est tout monsieur... »
 

Je croise à nouveau son regard et me dépêche de m'en détourner. Décidément, je suis mal à l'aise, comme s'il était capable de voir aux travers de mes mensonges. Ridicule. Si seulement il pouvait être comme les autres et se contenter de me faire copier des lignes ou ranger les serres, ce serait tellement plus simple à gérer, émotionnellement.

Codage par Libella sur Graphiorum
Contenu sponsorisé