Morsmordre

Notes pour le chien | Lucian Marshall

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Auror du Ministère
Mar 27 Mar - 20:06
Le temps orageux aurait dû alourdir ton esprit, mais il n’en était rien. Tu étais d’une humeur de lion. Aujourd’hui était le jour où tu allais enfin pouvoir montrer ce que tu valais vraiment. 3 ans de formation au sein du ministère et voilà ta première enquête confiée. Si d’habitude les Aurors fonctionnaient en paires, le contexte actuel faisait qu’on ne t’avait pas encore attribué de mentor. La direction s’était cependant assurée que tu en aurais un dans les plus brefs délais. Mais qu’importe, avec ou sans partenaire, avec ou sans expérience, tu prouveras que tu n’es en rien un simple bleu.
« On a jamais pu le coincer… C'est pas un nouveau qui va changer quelques choses.
- Un peu de sang neuf, ca ne fait jamais de mal. »

Ta première enquête et même si c’était une cold case tu avais bien hâte d’y mettre sérieusement le nez dedans. Tu voulais plonger les deux pieds joints dans la merde noire de ces terroristes et anciens partisans de Grindelwald, révolutionner le travail, donner un grand coup rapide, sans gêne pour déboussoler l’ennemie. Mais tu n’étais pas dupe, avec cette manière de penser on se débarrassera rapidement de toi et on retrouvera ton corps dans deux semaines si ce n’est moins servant de nourriture aux strangulots. Il fallait la jouer plus fine alors tu avais passé la nuit à étudier le dossier aussi fin soit il de ce William Marshall.

Une affaire difficile. Il y avait plus de suppositions que d’actes ou de preuves prouvant une quelconque appartenance à des groupes malfaisants. L’homme était un veuf apothicaire que l’on soupçonnait depuis un moment partisan et trafiquant d’objet recelant de la magie noire. Il avait un fils, Lucian Marshall, professeur à Poudlard. D’autres noms étaient également présents, des noms important comme celui de Weiss y était mêlé. Puis plus rien. Une supposée participation a une attaque il y a de ca 20 ans. Puis plus rien.

Pourquoi s’acharner sur un homme qui visiblement s’était rangé ? A bien y réfléchir on se moquait de toi. On te donner une petite affaire comme on donne un cube à un gosse pour l’occuper.
Déterminée à faire, un travail parfait, tu enfilas ton imperméable et transplana vers prés au Lard. Soudain, à la vue de ce sol enneigé, une vague d’émotion faillit t’emporter et voilà que tu trottinais presque à l’adresse indiquée.

T’abritant comme tu le pouvais sous le portique tu toquas énergiquement sur la porte. Reculant d’un pas en attendant que cette dernière s’ouvre sur un visage beaucoup plus jeune que celui que tu espérais.

« Lucian Marshall ? Brigade de justice magique monsieur Marshall, je me présente : Erwann Daniels. J’aurais aimé m’entretenir avec William Marshall. »


Notes pour le chien
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Professeur de Poudlard
Jeu 29 Mar - 0:45



Le silence de la maison était reposant.
Comme si tout ici s'était endormi. Éteint. Mort. Seuls les craquements du feu de cheminée venaient apporter un peu de vie à la scène. J'étais sorti plus tôt pour promener les chiens, laissant mon père seul à l'étage où il avait certainement fini par s'endormir. S'écrouler de fatigue et d'alcool après une énième dispute. C'était courant. Quotidien. Une habitude qu'on avait de toujours finir par se reprocher des choses. L'âge n'avait rien arrangé, il l'avait simplement rendu plus vieux.
Plus malade.
Moins gérable.
Chaque week end passaient dans cette même ambiance sordide. Je crois qu'il s'étonnait toujours de me voir revenir. Comme un chien revient toujours à la maison. Alors je revenais encore, essuyant les disputes, ignorant les insultes, souriant à son aigreur. C'est ce qui avait construit ma vie, c'est ce qui la détruisait aussi. Mais aussi laborieux que tout ça pouvait être, ça restait un chez moi. Le seul que j'avais.
Ranger les placards.
Compter trois à trois.
Tout était impeccable. Parfaitement à sa place pour un cocon de satisfaction que je tissais lentement à chaque fois que je mettais les pieds ici. Nettoyer, récurer jusqu'à m'en faire saigner les mains. Les bouteilles ne jonchaient plus le sol, la poussière avait quitté les planchers et les fenêtres laissaient entrer l'air frais. Tout était parfait. Une perfection qu'il allait ruiner. Mais je reviendrais encore.
Comme toujours.
Pour toujours.
J'envisageais de sortir encore, disparaître un peu le temps qu'il émerge, qu'il oublie ce qu'il avait à me reprocher, qu'il s'enivre encore jusqu’à en être sympathique. C'est encore comme ça que je préférais le voir. Un peu pathétique, à l'image de l'exemple qu'il me donnait.
Je n'avais pas enfilé ma veste qu'on frappait à la porte.
Brisant le silence.
Anomalie dans le tableau.
Qui pouvait bien frapper à cette heure ci. Personne ne frappait jamais, parce que personne n'avait de raison de venir ici.. Personne n'en avait envie.
Mon corps s'était figé une seconde, fixant la porte de bois comme si celle ci allait simplement se taire. Faire taire l’intrus.. le faire partir. Mais les chiens grognaient déjà. Un geste de ma part les fit taire. Un regard sévère, un mouvement de main. Jouer les morts était une idée, prétendre ne pas être là.. ne pas avoir entendu. Mais l'inconnu insiste et la lumière dansait derrière les rideaux..
Compter trois à trois.
Soupirer un peu.
Je n'avais pas le choix.
Mon corps glissa vers la porte pour l'entrouvrir sur un homme. Un inconnu aux cheveux bleu. Son visage m'était étranger, des cheveux pareils, je crois que je m'en serais souvenu. Je lui lançais un regard curieux, retenant les chiens à l’intérieur alors qu'il se présentait.
Brigade de justice magique.
William Marshall.
Ma main bandée se serra contre la poignet et mon corps se raidit d'un trait. Qu'est ce qu'il venait faire là ? Pourquoi voulait il voir mon père. Il savait quelque chose. Il cherchait quelque chose. Mon esprit s'échauffait lentement, se braquait brusquement. La surprise me fit oublier mon sourire et cette courtoisie que j'affichais souvent.
Parce qu'il venait pour mon père.

« Pourquoi ? Qu'est ce que vous lui voulez... »

La panique glaçait mon sang pourtant mon visage restait de marbre. Aussi froid que l'homme qui m'avait fait. Au dessus de nos têtes des bruits de pas glissaient contre le plancher. Pourquoi fallait il que ça arrive.
Soupirer.
Garder son calme.
Serrer sa baguette.

« Il n'est pas... Vraiment en état... »



   


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There's no room in war for feelings, hurt me to the core, still healing and I know you're no good for me. So I try to forget the memories. You left your mark.
I got these scars, reminding me to forget
 

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Auror du Ministère
Jeu 29 Mar - 23:59

Notes pour le chien
Lucian Marshall
Une porte entrouverte. Il ne t’a pas fallu longtemps pour comprendre pourquoi. Généralement quand quelqu’un entrouvre la porte d’entrée, c’est qu’on avait quelque chose à cacher. De toute évidence, ce n’était pas le meilleur moyen de te rassurer sur les activités qui pouvaient bien se dérouler au seing de cette famille. Où peut être n’étais ce que pour retenir les chiens. Quelle idée d’avoir plusieurs chiens…

L’homme te faisant face semblait plus stressé qu’autre chose et ça non plus, ca ne valait rien de bon. Tu lisais dans ces yeux une certaine crainte, non pas vers toi, il avait l’air de se débrouiller en combat, mais plus envers ce que tu représentais. Une autorité. Quelque chose qui dérangeait ses petites affaires. Que faire… Dans cette situation, deux choix s’offraient à toi. Premièrement, tu pouvais essayer de le provoquer de façon a ce qu’il te repousse avec un peu de chance un sortilège, obtenir un mandat d’arrêt sur ce Lucian et le faire cracher le morceau en salle d’interrogatoire. Mais à par la satisfaction de le coincer ca ne t’apporterais pas grand-chose. C’était son fils et vu comment il avait l’air impliqué envers son géniteur, il ne cracherait pas un mot. Si tu avais le droit à quelques gouttes de veritasereum… Tout serait différent. Mais pour s’en procurer de nos jours... Puis ce n’est même pas sûre qu’on te l’autorise.

Non, il fallait jouer à Bon Auror, méchant Auror. Il fallait le mettre en confiance, qu’il ne voit pas le mal de répondre a quelques questions anodines avant de redemander à parler à ce William Marshall. Sortir les gens de leur zone de confort n’était bon que lorsque l’on pouvait exercer une pression et pour le moment, tu ne pouvais pas te le permettre. Il fuirait à la première occasion.

« Oh… J’entends bien monsieur Marshall. »

Le regard moins sévère, tu tentas de paraître plus détendu. Ta tactique était de tout simplement lui laisser le choix de la fuite, lui laisser un semblant de liberté afin de mieux le cueillir au moment opportun.

« Vous imaginez bien… Que la venue d’une personne de mon service n’est jamais anodine cependant… Si vous m’affirmez que monsieur Marshall ne peut répondre à mes questions, soit, je m’en vais. Mais je repasserai demain et après demain et ce sera à chaque fois pire... Je pense que vous avez mieux à faire, Lucian. »

Tu attendais un peu, qu’il pèse le pour, le contre de te faire rentrer.
« Vous savez, je ne suis pas pressé… Je peux même très bien m’entretenir avec vous le temps que votre père… Reprenne ses esprits ? »
© PRIDE SUR EPICODE
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Professeur de Poudlard
Jeu 26 Avr - 14:21



Ma main serrait si fort ma baguette que j'en avait les jointures blanchi.
Respirer encore.
Espérer le voir partir.
Mais je connaissais assez les Aurors pour savoir qu'ils ne se laissaient pas si facilement impressionné. Au contraire. Plus on leurs résiste et plus ils s'acharnent. C'est ce que mon père disait toujours, entre deux injures, deux bouteilles et deux quelques haines à l'égare de tout ce qui s'approchait de prêt ou de loin au Ministère. Pourquoi cette situation arrivait elle ?
Il semblait jeun cet Auror, peut être un peu trop pour être vraiment menaçant. Pourtant il cette assurance au fond des yeux qui balaye bien vite mes maigres espoirs.
Téméraire.
Impatient.
Comme s'il allait trouver quelque chose ici. Faire tomber mon père quand même les ténèbres et l'alcool n'avaient pas réussit à l'achever. Ça n'arriverait jamais. Ça ne pouvait pas arriver.. mais l’idée que cet Auror vienne encore et encore frapper à la porte m'inquiétait plus que les questions qu'il avait à poser. Je ne pouvais pas toujours être là pour servir de bouclier à mon père. Un tête à tête avec un Auror arrogant ne pouvait pas bien se finir.
Mon attention glissa vers l'escalier une seconde, jaugeant le pour et le contre avant de soupirer une nouvelle fois.
Garder son calme.
Cacher sa baguette.
Ouvrir la porte.

« Bon.. entrez alors... »

Les chiens accueillaient l’intrus avec silence, planté dans un coin à le fixer avec plus de méfiance que j'étais capable d'en montrer. Je sentais le malaise s'insinuer lentement dans mes veines. Envahir l'espace au point que j'avais la sensation que mon corps était trop petit pour contenir toutes les émotions qui se bousculaient dans ma tête. Les craintes, la panique, la colère. A l'étage, le silence perdurait encore, j'en venais à espérer qu'il ne descende jamais. Qu'il s'endorme encore et qu'il oubli qu'on venait de frapper à sa porte. Qu'on conversait dans son salon et qu'on l'accusait encore une fois.
Anticiper.
Comment éviter le pire quand on allait droit dans le mur ?
Je me composais un sourire, essayant de chasser la tension. Détendre une atmosphère qui manquait à tout instant de s’enflammer. Au pied du mur, autant garder ses calme.
Machinalement mon corps s'était éloigné de l'homme, glissant jusqu'à l’extrémité de la pièce pour y ranger obsessionnellement tout et n'importe quoi.

« .. Alors... qu'est ce que vous lui voulez au juste ? Je peux certainement vous aidez.. c'est moi qui m'occupe de lui la plupart du temps. »




   


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